Le BRM 400 de Cergy

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C’est encore un peu fatigué que j’écris ce nouvel article. Je viens de rentrer du Brevet des 400 kilomètres et ce fut une belle aventure avec des gens formidables tout le long de la route. Il est 14h, mon petit carton jaune est tamponné, l’inscription est validée, avec Silvi, nous rencontrons Frank qui est habillé avec goût, tout en Rapha. Ses chaussures sont de la même couleur qu’une bande de son Jersey Brevet. On parle un petit peu de la marque. Le monsieur est un ancien triathlète qui s’est pris d’amour pour la marque et pour les longues distances. Nous sommes un bon groupe d’une trentaine de cyclo à partir de Cergy en même temps. Les randonneuses sont de sortie. On peut lire Rando-cycles sur certains tubes diagonaux, les titanes, les carbones et les aciers sont de sorties! Les premiers kilomètres se déroulent bien. Le peloton se forme et on commence à s’apprivoiser au gré des conversations. Un noyau dur restera: Silvi, Alain, Dominique, Arnaud, Frank et jusqu’à Reims, Raphaël. Le premier point de contrôle est à Nanteuil le Haudoin, au kilomètre 72.

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Une petite boulangerie est envahie par les cyclistes en gilets jaunes, il est 17h. On décide de remplir les bidons et de se prendre un petit café avant de reprendre la route. Ça grimpe, mais on s’attend. On se met à l’abris car l’effort va être long. Ca discute, ça rigole, l’ambiance est définitivement bonne dans ce peloton! Nous arrivons à Fère en Tardenois, au kilomètre 133, peu de temps avant on récupère Arnaud du club d’Aulnay, qui fonçait tête baissée vers on ne sait où, Bruxelles peut-être. Nous l’invitons à rejoindre notre bande. Dans le peloton ça parle de technologies, de batteries  externes pour les lampes, de Garmin, de pneumatiques, pendant que d’autres parlent de grandes classiques du Nord, de Merckx avec le défi fou de François Paoletti. Un sandwich, des bananes… À manger encore et encore, tels de petits écureuils ont s’approvisionne chez à l’alimentation générale qui est sur le point de fermer. Il faut tout prévoir étant donné que nous arriverons probablement vers Reims que sur les coups de 23h.

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Le soleil commence à descendre, de minute en minute, la température devient un peu plus fraîche, alors ça mouline dans le peloton pour se réchauffer. Le paysage est magnifique, nous traversons les vignes pendant que le soleil va laisser place à la Lune. La lumière est dingue! Quel spectacle, c’est beau! La nuit tombe et nous allumons nos lumières, et continuons notre cadence jusqu’à Reims.

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Mon genou me lance toujours un peu mais je continue d’avancer, je sais qu’on arrive bientôt à mi-parcours. À chaque arrêt je me masse à l’arnica, et à l’huile essentielle de Gaulthérie sous les précieux conseils de mon copain Thibaut (aka the fish on a bike). Nous arrivons à Reims. Des cyclos sont déjà attablés dans des pizzerias et on se dit que finalement ce ne serait pas une mauvaise idée (des estomacs sur pattes). On s’arrête et il y a du choix. Pendant que je consulte la carte des 74 pizzas proposées on se fait tamponner nos cartons jaunes de l’audax. Après avoir engloutis nos pizzas et bu un café qui sera salvateur pour la traversée de la nuit, je mets mon Garmin en charge avec ma batterie portable et nous repartons! Les kilomètres défilent, Alain est devant. Ce monsieur de 66 ans avec un Paris Brest Paris à son actif, appuit sur les pédales à une cadence folle! Je regarde mon compteur, on roule a 38km/h en pleine nuit! Je vais l’embaucher chez les Street Pistard si ça continue! La pizza et le café ont fait du bien à tout le monde, le peloton est groupé! Quelques kilomètres après une silhouette familiaire, est arrêtée  avec d’autres cyclos. C’est Michel, un très grand rouleur et coursier Parisien. La rencontre est assez drôle parce que je crie « Hey! c’est Michel Varin! » à notre peloton comme si tout le monde le connaissait.  C’est grâce à lui que les premières 9 heures de Longchamp ont vue le jour avant que l’on reprenne l’évenement avec les copains de Street Pistard. Nous parlons ensemble alors que devant nous un cycliste évite un renard qui surgi de nul part, l’animal passe à quelques centimètres de sa roue avant. Il s’en est fallu de peu! L’arrivée à Soisson est proche, nous avons perdu Raphaël, il doit etre soit devant soit derrière nous mais pas seul. Nous longeons une immense entreprise alimentaire, Tereos sur plusieurs mètres de long, c’est incroyable. Petite pause, à chercher de l’eau, mais pas de cimetières d’ouverts, pas de points d’eau, il me reste un demi bidon, la suite du parcours sera rude! On mange et on repart direction Clermont-sur-Oise. La nuit est belle, les étoiles brillent, la lune est au dessus de nous et vient progressivement se coucher de plus en plus vers notre droite. Tandis que le soleil commence à se lever sur notre gauche. Je suis content car mon genou ne me lance plus, j’ai entendu comme un petit crac et depuis, plus rien (soigner le mal par le mal ça ne s’est jamais vu mais bon, on verra ce que la suite nous dira). Nous traversons Compiègne, l’éclairage urbain s’éteindra deux secondes après cette photo.

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Nous arrivons à Clermont, kilomètre 341, la soif se fait ressentir, les boulangeries nous font saliver par les douces odeurs de pains cuits mais leurs rideaux sont fermés… Nous voyons que la gare est allumée, nous recherchons désespérément un point d’eau, après avoir vérifié plusieurs cimetières, cafés mais rien, seule la gare est notre ultime point de chute. Nous y entrons pour avoir un tampon attestant notre passage: il est 6h30 le café le plus proche ouvre à 7h, nous décidons de nous y rendre après nous être reposés quelques instants dans la gare. Nous arrivons au café, des gens attendent déjà devant le rideau. Apparemment, c’est un peu the place to be un dimanche matin à 7h. Des jeunes, des moins jeunes, des cyclos, tout y est! Certains piquent du nez, d’autres continuent de rigoler, on repart! Les derniers kilomètres sont devant nous! La route « drainante » est pénible, c’est peu agréable à rouler mais nous y allons, ça grimpe, les cuisses veulent que ça se termine.

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Plus que quelques kilomètres avant Cergy, les panneaux indiquent la ville, puis L’isle Adam, ultimes difficultés: ce faux plat jusqu’à Pontoise, la côte de Cergy et nous voilà enfin arrivés après ;

  • 7 bananes,
  • 3 cafés,
  • 7 barres énergétiques,
  • 2 mars,
  • 1 sandwich,
  • 1 pizza,
  • 1 coca,
  • 2 tubes de lait concentré sucrés,
  • 2 compotes,
  • 9 bidons

et 15h49 de selle plus tard, le sourire aux lèvres! Merci à mes compagnons de routes, c’était un plaisir de vous rencontrer et de passer ces kilomètres avec vous! Et surtout à Benoît pour l’Apidura!

de g. à d. : Frank, Dominique, Silvi, moi et Alain, la photo est prise par Michel
de g. à d. : Frank, Dominique, Silvi, Moi et Alain, la photo est prise par Michel et Arnaud est manquant

Le parcours qui encore une fois n’est pas complet car j’ai eu un soucis à l’allumage!

Capture d’écran 2015-05-25 à 15.27.38

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3 Comments

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  1. Merci Julien pour ce texte,
    quelle folle route! Dominique, Alain, Arnaud et Franck vont me manquer! Next le 20 juin!

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  2. Merci pour ce récit. Je glane quelques précieux conseils: « je me masse à l’arnica et à l’huile essentielle de Gaulthérie. »

    Sinon plus de 25 de moyenne, en sachant qu’il y avait plus de 3 000 mètres de D+ et en comptant les arrêts. Quel tempo. Bravo !

    Sur Brest, notre brevet de 400 partait de Guipavas le 9 mai avec un départ à 18H00. Je l’ai terminé en 17H30, le groupe des « aguerris » en 2 heures de moins.
    Rouler la nuit a été pour moi une expérience magnifique, surtout que les conditions étaient idéales: pas de vent, pas de pluie (c’est assez rare en Bretagne).

    J’ai eu le même soucis pour m’approvisionner en eau après la fermeture des bars.
    Après le point de contrôle à 0H30, il a fallu attendre une boulangerie ouverte 7 heures plus tard pour remplir les gourdes car à l’autre point de contrôle intermédiaire, rien d’ouvert, cimetières clôts ou « eau non potable ».

    Bon courage pour le BRM 600 !

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  3. Tanguy von Stebut 26 mai 2015 — 9 h 36 min

    Bravo, respect, splendide !!!

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