Festive 500 2016

Ça faisait un bail que je n’avais pas pris le temps d’écrire un article sur mon blog, du coup, je profite de la nouvelle année pour d’une part dépoussiérer un peu le tout et vous refaire part de mes aventures et aussi pour vous souhaiter une belle année 2017.

Comme chaque année depuis 4 ans désormais, j’ai cliqué sur rejoindre le challenge Festive 500 organisé par Rapha et Strava. C’est un des challenges que j’affectionne tout particulièrement, l’ambiance qui se dégage en cette période de fin d’année, entre Noël, le jour de l’an, c’est en effet festif.

Day 1 : Saint-Malo – Mont Saint-Michel – Saint-Malo

Je commence mes 100 premiers kilomètres assez tard, (raisons personnelles oblige). C’est donc à compter du 27 décembre que je commencé mon Festive 500, partant de Saint-Malo en Bretagne, je me suis arrangé avec Tony qui vient d’avoir son tout nouveau Victoire pour une rencontre au pied du Mont Saint-Michel pour un petit gueuleton et une séance photo de nos vélos respectifs. Parti de Caen pour sa part aux aurores, il rencontre un problème avec son pédalier qui le contraint de faire demi-tour.

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Tant pis pour moi, je ne le verrai pas aujourd’hui avec son nouveau destrier. Je décide donc de continuer solo jusqu’au Mont. Le soleil brille, il fait froid, l’herbe est gelée et les passages à l’ombre piquent…

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J’arrive au Mont Saint-Michel, me remémore le failstive avec Romain de l’an passé, profite de faire quelques petites photos sans grand intérêts et repars pour Saint-Malo, je n’ai pas envie de prendre un café pour ne pas repartir frigorifié. La température augmente petit à petit, le givre disparait peu à peu… Il fait 0°C.

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Day 2 : Paris – Honfleur

Au départ, on devait être deux, mon fameux acolyte François et moi pour cette escapade de 440kms sur 2 jours, puis on en a parlé un peu autour de nous, au final nous nous sommes retrouvés à 10 au départ de ce périple.

Nous partons de Longchamp aux environs de 8h45 après avoir attendu les retardataires. Nous reprenons le parcours que j’apprécie tant du Levallois-Honfleur, celui-ci même que j’avais fait avec William l’an passé à la même période mais avec des températures plus agréables qu’aujourd’hui. Au programme ce n’est pas un retour en train mais une nuit à l’hôtel avec un retour le lendemain à vélo pour finir le challenge.

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À peine nous étions sortis de Paris que le brouillard commençait à pointer le bout de son nez. Nous roulons en moyenne 35 kms sans brouillard sur les 220kms. La visibilité est réduite l’humidité pénétrante, et le froid glacial. Après plusieurs kilometres, nous nous arrêtons pour une pause café, à Thoiry au Longchamp, le groupe est homogène, l’ambiance y est excellente, nous ne voyons pas passer les kilomètres. Aux alentours de midi nous décidons de nous arrêter dans la commune de Grossœuvre au rendez-vous des chasseurs pour recharger les batteries et se réchauffer dans le meilleur restaurant du coin.

La remise en selle est très difficile, le froid à l’extérieur n’arrange rien, l’eau restée dans les bidons à congelé. Rien que de réécrire ces lignes, et en y repensant je suis congelé.

Robin commence à ralentir le pas, il ne se sent pas très bien, le rythme n’est pas régulier, entre les gros moteurs qui veulent appuyer un peu, la digestion, ça fait élastique dans le peloton même si j’essaie de tempérer les ardeurs de la tête. Nous nous arrêtons un court instant et il en profite pour se ressaisir quelques minutes. Le sang reviens dans ses mains après la phase de digestion, et le brûle, il est recroquevillé sur lui même ne pouvant plus bouger ses mains de douleur … À ce moment là j’ai vraiment commencé à m’inquiéter pour lui. Mais quelques temps après il retrouve l’usage de ses mains, et se réchauffe peu à peu, nous repartons.

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La nuit commence à tomber, les lumières allumées nous traçons à travers les routes de campagnes, à la vue du peloton et des lumières ça me renvoie directement à mon Paris-Brest-Paris et les séries de brevets de nuit, la magie opère… Nous arrivons à Honfleur la nuit, et filons directement manger avant d’aller à l’hôtel. Rêvant tous d’une douche chaude, et une bonne nuit de sommeil bien méritée, demain les températures seront encore plus froides et le parcours est en faux plat montant.

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Day 3 : Honfleur – Paris

Le jour se lève doucement sur Honfleur, -5°C, quand nous quittons l’hotel après le petit déj. Le froid est toujours présent, mais le brouillard semble être parti. Nous en profitons pour apprécier le soleil se lever sur la route. Nous sommes déjà un peu en retard comparé à ce que j’avais fixé comme départ, pas grave, nous arriverons quand nous arriverons.

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Le parcours retour est plus difficile que je l’imagine, le vent de face se lève, nous en profitons pour nous ranger en file indienne et pour prendre des relais sur ces faux plats interminables. Nous arrivons à Serquigny où nous en profitons pour se réchauffer avec quelques boissons chaudes. La vitesse moyenne est plus basse qu’à l’aller, tant pis du moment que tout le monde est ok.

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© Rohands
Après quelques virages, le brouillard s’intensifie, et cache le soleil, il fait -9°C. Petit à petit, je me retrouve avec de la glace sur mes vêtements, les cils, le cintre, la visière de la casquette. Impossible de mettre mes lunettes de soleil, il fait trop froid et je n’y vois rien. Le plus impressionnant sera Xavier avec sa barbe, il fait l’attraction à chaque arrêts que nous entreprenons.

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© Rohands
De retour vers Grossœuvre, la barre des 100 kilomètres jusqu’à la maison est presque dépassée, nous nous arrêtons de nouveau au rendez-vous des chasseurs. La physique a opéré, l’eau des bidons s’est transformée en glace, impossible de s’hydrater, l’eau ne coule plus, si seulement j’avais écouté mon pote Frank qui conseillait de mettre du Bourbon dans les bidons afin que ça ne gèle pas… La faim se fait ressentir également, je rêve d’un plat chaud avec de quoi me réchauffer les mains, mes pieds et installer mes chaussures au coin du feu du restaurant.

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Nous repartons, le ventre bien rempli, de l’eau chaude dans nos bidons, nous sommes prêt à affronter de nouveau le brouillard glaçant. Plus nous avançons plus François reste à l’arrière, il ne peut plus forcer, ses genoux lui font mal, nous levons le pas, il se met à l’abri du peloton et est poussé par à plusieurs reprises par François, Alex, Benoît, Romain. une vingtaine de kilomètres plus tard on s’arrête pour voir s’il y a une gare qui pourrait le ramener à Paris. Nos affaires sont pleines de givre.

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© Rohands
Il va falloir s’accrocher un peu afin de trouver une gare, la prochaine est à une dizaine de kilomètres, la nuit tombe le brouillard s’épaissit et François ne suit plus… Il reste 50 kilomètres environs sur mon compteur jusqu’à la maison, il est arrivé à une souffrance extrême, plié de douleur sur son cadre de vélo…  Nous arrêtons une voiture pour savoir où est la station de train la plus proche, la conductrice prendra avec elle François et nous conduira jusqu’à la gare qui se trouve à moins d’un kilomètre.

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Benoît poussant le vélo de François jusqu’à la gare de Tacoignière Richebourg © Rohands
Sauvé, le prochain train pour Paris Montparnasse est à 18h12, je décide de raccompagner François en train, nous serons suivis par Romain, Robin et Fanny. Tandis que l’autre partie de peloton décide de continuer la route, cela s’avèrera encore plus dangereux car la visibilité y sera tellement réduite qu’ils ne verront pas à plus de 3 mètres devant eux… Vaillants!

Je regarde alors mon Strava, et il affiche 482 kms… Merde! Il me reste 18 kilomètres à parcourir pour achever mon festive 500!

Je réfléchis, on est le 30, il reste encore une journée, est-ce que je prends le vélo demain pour faire 9 kilometres? Non, c’est ridicule. Avec le vélo de la gare Montparnasse (terminus du train) aurais-je suffisamment de kilometres jusqu’à chez moi? Non. Versailles Chantier, est le dernier arrêt avant Paris. Au total une vingtaine de kilometres si mes calculs sont bons. Je préviens alors mes compagnons de route que je descendrai à Versailles pour finir le challenge. Je laisse alors François qui prendra un VTC pour rentrer chez lui, et souhaite un bon retour à mes autres compagnons de route qui veillent sur lui.

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De nouveau en selle, c’est de la ligne droite en descente, ça me rappelle les rides du mardi, à foncer entre les voitures après s’être époumonés jusqu’à Versailles. Les kilomètres défilent, 23kms au compteur une fois arrivé à la maison, Festive 500 Complete. Voilà de quoi bien finir l’année!

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Je tenais à remercier les courageux qui m’ont accompagné durant cette sortie givrée, de fin d’année, j’ai rarement passé un moment aussi incroyable sur le vélo.

Merci François L., Romain C., Romain P., François C., Benoît Vdb., Robin R., Xavier C.,  Alex K., et chapeau bas à Fanny B. qui nous à tous scotchés.

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6 Comments

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  1. Merci à toi Julien. Très belle organisation. Bravo. Et vivement la prochaine.

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  2. J’adore. J’avais entamé le Festive 500 le lundi 26/12 avec Francois C et Xavier en faisant un aller retour paris Chartres. Cetait dur mais ce que vous avez fait par la suite est juste dingue…. fantastique. Tu décris parfaitement les émotions, super récit. Respect. Cyril Z.

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  3. Merci Julien. Dernier ride de l’année et sans doute le plus mémorable.

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