Born to Ride 2018

Le 8 juin c’était l’appel de la Born to Ride. Cette année encore je me suis inscrit à ce challenge proposé par Chilkoot qui rallie Paimpol en Bretagne à San Sebastian Donostia en Espagne.

Nous sommes chahutés par les grèves de la SNCF qui nous feront jusqu’au dernier moment douter de notre arrivée à bon port en Bretagne pour rejoindre le départ de l’aventure.

Sur le quai de la gare Montparnasse, je retrouve quelques-uns de mes acolytes de voyage, les vélos chargés en sacoches et de moyeux dynamos. Pas de doute, nous allons tous dans la même direction. Une fois arrivés sur place, le brouillard s’installe dans le port de Paimpol, nous devrons faire quelques kilomètres pour nous retrouver au point de départ donné par Luc Royer et ses compagnons de la route. Sur la ligne, nous serons plus de 250 participants. Le départ sera donné un peu avant 22h en plusieurs vagues. Mais avant tout il faut manger des galettes/saucisses de la région avant d’entamer la nuit sur le vélo.

Shot with DxO ONE

Après un brief donné en bon et du forme par Monsieur Luc Royer, nous partons en direction de la ligne de départ sur l’Arcouest à Ploubazlanec.

Shot with DxO ONE

Il est 21h45, je prends le départ avec quelques membres du Rapha Cycling Club, et nous allumons la mèche, un cocktail de joie, d’excitation et d’adrénaline nous fait tourner les jambes comme s’il s’agissait d’un critérium. Mais un critérium de 1200 km ce n’est pas possible me direz vous… En effet, après avoir fait les premiers kilomètres à vive allure avec mes compères Yoann et Patrick, en prise de relais nous arrivons à Morlaix avec les bidons déjà vides ! C’est le moment de refaire le plein avant d’attaquer la nuit direction le CP1 (Phare de la pointe Saint Mathieu).

Shot with DxO ONE

Pendant ce temps là le deuxième groupe nous double, après un café et des bidons remplis, nous sommes une petite dizaine à travailler pour rattraper les lumières rouges devant nous. Quand je vois alors Xavier qui commence à me dire qu’ils sont tarés de partir aussi vite. Je rigole et me sens un peu coupable, mais bon on se refera, il reste pas mal de bornes avant l’arrivée.

Nous passons le CP1 où Romain nous attend avec Juan et Martin. Nous traversons Brest dans l’autre sens, les éclairs commencent à montrer le bout de leur nez dans les Mont d’Arrée. Je connais bien ce parcours pour être passé par là en 2015 pendant le Paris Brest Paris, et ils ne sont pas tendres ces Monts. La Bretagne ça grimpe !

IMG_5512

Nous arrivons vers un petit village, j’ai faim, mais vraiment très faim, les éfluves des boulangeries ne m’aident pas à penser à autre chose ! L’orage arrive, on demande conseil au boulanger qui nous ravitaille où nous pouvons rester à l’abri. Il pointe le préau d’une école à quelques mètres de là. Après quelques pains au chocolats engloutis, nous décidons de faire une petite sieste avant de repartir. Nous croisons alors François Paoletti, JP et Romain du CSP qui nous rejoignent. 20 minutes plus tard, les batteries sont rechargées pour attaquer le reste du parcours. Au réveil, les trois compères du CSP ont filé, le sol est mouillé, nous avons échappé à une belle saucée.

Nous continuons notre route en passant par des chemins plus que Gravel, déjà bien boueux et collants, erreur de map…

En sortant de ce petit chemin, l’orage revient de plus belle, une grosse averse nous tombe sur le coin du nez. Quand un monsieur nous appelle pour nous mettre à l’abri sous une serre. Nous y passerons une bonne dizaine de minutes le moral dans les chaussettes. Je suis à deux doigts de laisser tomber l’aventure, la pluie m’exaspère car depuis le début de l’année toutes mes sorties sont humides. Le Wahoo contrairement à Garmin ne me redirige pas sur la route, je sature complètement avec ce GPS. Je n’en garde donc pas un bon souvenir pour la longue distance. Viennent s’ajouter à cela, des crevaisons lentes qui me pénalise et retarde mes compagnons de route. Nous retombons sur la route officielle pour prendre le Bac de Locmariaquer à 18h. 

IMG_5527

Il suffira de quelques kilomètres pour que je me retrouve une nouvelle fois à réparer une crevaison, j’en casse un prolongateur de valve, appelle les copains à la rescousse, Xavier et Romain saturent… On repart après avoir récupéré une chambre à air de Pierre Yves qui s’avoue poreuse quelques kilomètres plus loin je donne mon pneu à Luc Royer qui passe par là en échange il nous offre 4 cocas frais. On répare une nouvelle fois et on repart cette fois ci pour de bon.

IMG_5531

Direction Nantes sous le soleil et la nuit tombante, un stop au McDrive pour un burger et remplir les bidons et nous continuons pour s’arrêter chez un ami de Xavier pour dormir quelques heures. Il est 2h du matin quand nous arrivons sur Nantes, je vois les panneaux 110km je commence à flipper, on ressort après avoir emprunté la Nationale pour un lit et une douche.

IMG_5783
© Photo Romain Pastor

Au petit matin, la pluie n’est plus d’actualité, et mon envie de continuer est présente. Un petit déjeuner aux abords de Nantes vite fait avalé pour rattraper le retard accumulé. Pont Saint Martin… Une nouvelle crevaison. Je fais un trou dans mon pneu avant…

IMG_5777
© Photo Romain Pastor

Agacé Xavier me donne un pneu qu’il avait en secours. Mais il s’avère que celui-ci est aussi troué ! On finit par mettre un patch et on repart direction le CP2, après un sandwich et une glace et un remplissage de bidons, on passe par des chemins de gravel le long des marais. Je serre les fesses et prie pour ne pas avoir encore une énième crevaison. 

IMG_5631

Les kilomètres défilent, Royan pour prendre le Bac. Il s’en est fallu de peu pour l’attraper, c’était le dernier de la journée. 

IMG_5791
© Photo Romain Pastor

Ouf, nous sautons dedans et retrouvons Jean-Yves Couput, François Paoletti, Juan Miri, les gars du CSP. La traversé nous permet de nous reposer un peu avant de décider de s’arrêter pour un dîner ensemble et profiter d’un magnifique coucher de soleil sur l’océan Atlantique.

IMG_5630

Les nuages au loin ne nous donne pas bonne impression… Le temps se gâte, la nuit va être mouillée. Nous roulons jusqu’à Hourtin où nous serons contraint de nous arrêter. Romain à une terrible douleur derrière le genoux. Jean-Yves qui, force de la nature, a eu des côtes cassées il y a quelques semaines de ça, a avec lui des bandes d’argiles qu’il applique sur l’arrière du genoux de Romain, l’orage est haut-dessus de nos têtes, les éclairs sont à quelques kilomètres. 

IMG_5576

Nous décidons de nous arrêter dormir dans des toilettes publiques ouverts. Ça sent le propre, on s’y installe, j’entends déjà ronfler pendant que je répare mon obus cassé dans ma valve. Je vous rassure ce sera ma dernière crevaison et oui, la huitième. Une fois mes bricolages finis, je ressors ma couverture de survie, et un sac poubelle 100L qui me restait, je m’installe pour essayer de dormir quelques heures. J’ai froid, je suis à moitié humide par la précédente pluie, je me recroqueville et tente de me réchauffer, je suis dans un courant d’air. Puis toutes les demi-heures la cloche du village sonne même à 3h30 du matin… Autant vous dire que j’ai pu dormir en tout et pour tout 1h30.

Au réveil, Juan me fait comprendre que je n’ai pas arrêté de faire du bruit avec ma couverture de survie et que sa nuit n’était pas si récupératrice que souhaitée… Je suis désolé Juan.. Pour l’autre mauvaise surprise, c’est Romain qui restera allongé et ne reprendra pas le départ avec nous, la douleur est trop intense et il préfère alors se reposer.

IMG_5635

Nous filons avec Xavier, Jean-Yves et Juan sur les longues lignes droites jusqu’au Cap Ferret où nous devrons attraper notre Bac. Nous n’étions pas pressés car le premier est à 7h30. Une fois arrivés nous apprenons que 5 participants ont choisi de faire la traversée jusqu’à Arcachon avec un passeur privé, plutôt que de rouler les 70 kms pour prendre le bac en pleine nuit. Personnellement je trouve ça moyen.

IMG_5637

Patrick, avec qui j’avais échangé plus tôt, arrive au CP3 au Cap Ferret. Il a lâché Benjamin, Bruno et Yoann pour calmer la cadence. Il se plaint lui aussi d’une douleur au genou. Mais ce CP est merveilleux : massage, café, petit déjeuner, pompes à pied, cartouches de Co2, de quoi nettoyer les chaines de nos montures. Zéfal, le partenaire de la course, sait bien y faire pour redonner un peu de courage à ces âmes perdues entre les Check Points.

Une fois la traversée effectuée, nous nous arrêtons pour manger des Cannelés, Xavier connait très bien la région pour y avoir passé quelques années. C’est un peu notre local de l’étape. On décide alors de faire un petit détour pour aller acheter des chambres à airs pour moi et autres barres énergétiques pour les autres. Nous reprenons la route direction Mimizan, Xavier nous avait prévenu, c’est pas glamour comme route, c’est plat et c’est tout droit.

Capture d_écran 2018-07-13 à 16.32.59
© Photo Juan Miri

Je passe devant, on commence à faire des relais à 30km/h toutes les 5 minutes, je sens mes paupières qui s’alourdissent en regardant le capteur de vitesse de Juan devant moi. Je mets alors ma musique, je me mets quelques claques pour rester éveillé. Puis nous nous prenons une saucée comme jamais je n’en ai pris. En moins d’une minutes il y avait 5 cm d’eau sur la route. Comme des écervelés nous continuons encore et encore sur cette cadence, le soleil se lève après plusieurs longues heures sous la pluie, la grisaille et le vent.

IMG_5636
Les mains de Jean-Yves après la pluie…
Capture d_écran 2018-07-13 à 16.33.17
© Photo Juan Miri

Mimizan, la renaissance… Nous décidons de nous arrêter pour sécher nos vêtements et nous ravitailler à un restaurant. Les micro-siestes sont d’actualité, je m’endors entre le dessert et le café 2 minutes et me sens déjà mieux. On repart sous le soleil, le moral un peu plus haut. Les kilomètres passent en ayant comme objectif d’arriver à San Sebastian avant la nuit. Quand Juan casse un rayon de sa roue arrière, on tente de réparer, mais en vain. On s’arrête chez un vélociste qui fait des locations de vélos, il lui change son rayon pour un autre, qu’il bricole. 2 kilomètres plus loin le rayon opposé casse… Une fois la tension répartie sur les autres rayons, c’est comme un jeu de dominos. Il doit s’arrêter, nous ne pouvons rien faire pour notre pauvre ami… Nous laissons Juan derrière nous en espérant qu’il trouve une solution pour l’amener à bon port.

IMG_5638

Nous arrivons en périphérie de Bayonne, quand je sens que mes jambes me démangent… Je continue sur ma lancée et je perds mes compagnons de route. la musique dans les oreilles il me reste 80 km à parcourir avant d’arriver à San Sebastian. C’est seul que je finirai cette aventure, en passant les voies rapides qui m’amènent à l’arrivée. Je reste alors sur place, une fois mon carnet de route tamponné, pour attendre mes compagnons de routes, je réserve un hôtel aux abords de l’arrivée pour Patrick, Xavier. Je reçois un SMS de Juan au moment de me coucher, il vient d’arriver!

Il a parcouru les derniers 100 kms après avoir acheté une route VTC et mis un cassette 8 vitesses avec sa roue cassée sur ses épaules, quelle histoire!

Fin de ce challenge qui m’aura poussé jusqu’au plus profonds de mes retranchements. C’est un peu ce que j’étais venu chercher en signant une nouvelle fois avec Chilkoot sur la BTR.

Au total presque 1200 kms avalés en 70h avec près de 7000m de dénivelé.
4h30 de réparation totales pour 8 crevaisons.
5h de sommeil environ.

Merci à toutes les personnes qui m’ont encouragé le long du parcours à commencer par Maïwenn, Lina, mes amis, mes parents et Lucien pour avoir fait le Taxi jusqu’à Hendaye sous le déluge.

Prochaine étape… La Haute Route Pyrénées fin Août!

IMG_5634

Capture d_écran 2018-07-14 à 15.37.59Capture d_écran 2018-07-14 à 15.35.53Capture d_écran 2018-07-14 à 15.36.54Capture d_écran 2018-07-14 à 15.37.20Capture d_écran 2018-07-14 à 15.38.41

 

 

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :