Haute Route Ventoux 2019

photos par Mathilde L’Azou et Photorunning

Début Octobre, Bédoin, le sud, le Mont Ventoux, le soleil, les collègues, les copains et la Haute Route.

Ça y est, c’est reparti pour un long weekend d’ascension du mont chauve avec la Haute Route, j’arrive à la gare d’Avignon où Paul Foulonneau m’attends pour rallier Avignon à Bédoin. C’est sa première Haute Route, nous faisons le tour rapidement du village, nous récupérons nos dossards, packs coureurs incluant sac à dos, gilets, carnet de route, barres, avant de nous changer pour aller faire le warm-up ride avec les ambassadeurs présents sur place.

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Le briefing de la course se fait dans la salle polyvalente de Bédoin, suivi d’un apéritif et d’une pasta party. Demain nous ferons 120 kilomètres en faisant l’ascension par Sault.

Première journée

Il est 7h30 le départ est donné, il fait un peu frais ce matin, je suis tout à l’arrière du peloton, je me fraye un chemin pour tenter de récupérer la tête de course, je vois la voiture de tête de course, c’est bon mission réussie.

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Les premiers kilomètres se font plutôt facilement, faux plat descendant avant d’attaquer les premières bosses, et là, je déraille une première fois, je perds l’avance que j’avais, ma patte de dérailleur doit s’être tordue ou alors la cage de dérailleur est de travers. Je ne peux plus passer le petit plateau sans dérailler. Ça va être marrant de rester sur le grand plateau tout du long… Je me fixe le prochain ravito pour tenter de regarder plus en détail ce pourquoi je déraille.

Je me fais doubler par pas mal de monde, tant pis de toute façon je ne suis pas là pour la gagne. L’ascension continue, nous sommes plutôt abrités, on passe Gordes, Murs, Saint Saturnin-lès-Apt pour retrouver l’ascension du Ventoux par Sault. À peine sorti de la forêt, le vent se fait ressentir, je sens les larmes monter, j’ai pour ce Mont Ventoux un quelque chose de fort qui vient intérieurement me chambouler à chaque fois que je me retrouve sur ces pentes. Peut-être parce qu’il est ma première vraie ascension depuis que je suis cycliste.

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Passé ce moment sentimental, je suis plus ou moins bien abrité jusqu’à Chalet Reynard. Un virage à droite et le vent vient nous embrasser à 45km/h, autant vous dire qu’on est pas bien rapide et le peloton est en lambeau. Les premiers commencent à redescendre vers le village. Comme à chaque fois, je salue la stèle de Tom Simpson, on traverse le col des tempêtes tant bien que mal et on entend Fergus, notre speaker encourager les participants.

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Au final j’aurai perdu pas mal de temps a essayer de corriger l’alignement de ma chaine et de mon dérailleur (il suffit de regarder l’état de mes mains sur la photo du dessus pour en juger….). Je redescends et laisse le vélo chez Mavic pour une vérification de leur part pendant que je profite un peu du soleil à Bédoin.

Du coup un private joke s’est instauré avec Yuzo qui est un collègue de la Haute Route qui m’était passé devant pendant ma première mésaventure mécanique. Du coup le but pour le lendemain essayer de finir l’étape avant lui, c’est parti pour un challenge aussi drôle que ridicule.

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Récap de la première journée : 136km, 3068m élévation.
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Deuxième jour, deuxième ascension.

Au départ ce matin nous ne savions pas encore si nous finirions jusqu’au sommet du Ventoux via Malaucène car il est annoncé du vent à 110km/h. Donc ce sera probablement au chalet Liotard. Cette fois-ci on décide de partir groupé avec Paul, pas rancunier pour un sous, j’invite Yuzo à prendre ma roue pour remonter (la preuve en image derrière moi sur la photo on retrouve Yuzo). On récupère Apolline sur la route, ça fait la course avec les motos, pour récupérer la groupe de tête.

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Une fois dedans, je me retrouve dans le second groupe pour les gorges de la Nesque, on essaie de limiter la casse, on prends des relais avec les nouveaux compagnons de routes, Paul est devant, Appolline et Yuzo derrière, mais le col de l’homme mort porte bien son nom cette année, il est fatal, je perds le groupe dans lequel j’étais pendant les gorges de la Nesque, du vent puissant encore et toujours de face.

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Je me retrouve seul dans la descente du col de l’Homme mort après y avoir laissé quelques plumes… J’arrive au ravito où sont quelques-uns de mes collègues ils m’annoncent que j’ai rattrapé le temps sur Yuzo. Quelques kilomètres plus tard je retrouve Paul. Sauvé par l’assistance Mavic on repart, on croise Coralie, Tiago, et on décide de rester ensemble. On finit par lâcher le peloton, on rigole beaucoup pendant ce temps, on pédale tranquille sachant que Malaucène nous sera difficile c’est alors que je lance à Paul : « Si Yuzo arrive, j’abandonne! » en rigolant.

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Arrivé au dernier des ravitos, on pose les vélos, on charge les poches de nourriture, de gels, pour l’ultime ascension de la journée par le côté le plus beau, Malaucène. Quand on entend soudain une voix mielleuse derrière nous : « Hello guys! ». – C’est Yuzo –

J’explose de rire, Paul aussi et je lui raconte que ce que je venais de dire à Paul, il rigole également. L’abandon n’est évidemment pas envisagé. On repart donc ensemble en se lançant de petites attaques en se taquinant pendant l’ascension, Paul est en forme, il va voir les autres participants parle avec eux, on s’accroche, plus moi qu’eux, il faut dire que j’ai 20 kg de plus que ces jeunes hommes. Paul attaque, je le suis, Yuzo s’accroche, et ce sera ça toute l’ascension. Le vent est violent et nous l’avons parfois de dos et parfois de coté. Quand arrive les derniers kilomètres, Yuzo attaque, Paul est cloué, coup de fringale. Je m’accroche pour essayer l’écart, et fini derrière lui avec une dizaine de seconde de plus…

Par mesure de sécurité la course s’arrête comme prédit au chalet Liotard. Là haut, il fait très froid et le vent est puissant, plus de 110km/h. Nous sommes tous les trois assommés, par cette ascension.

La descente est dangereuse, mes roues de 50mm me font peur à plus d’une reprise, les bourrasques de vent. Il reste une quarantaine de kilomètres pour rejoindre le village à Bédoin en passant par le col de la Madeleine.

Demain ce sera le contre le montre – L’ultime étape. Je sais que je ne lui mettrai jamais 7 minutes d’avance sur un contre la montre, il est très bon grimpeur, et je n’ai pas l’entrainement pour faire mieux que l’an dernier sur ce coté du Ventoux surtout avec ce vent de face.

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Dernière journée, le contre la montre par Bédoin.

Il est 9h01 quand je me lance sur la rampe du contre la montre par cette montée que je connais bien, l’avantage ici c’est que les premiers partent en dernier et que les derniers partent en premier en fonction du classement général des deux précédents jours. Évidemment les collègues foutent la pression, mais je n’ai pas dit mon dernier mot. Du coup, sachant que Yuzo partira après moi, ma seule crainte est de me faire rattraper, par lui ou par quelqu’un d’autre.

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Je traverse la forêt, je double constamment les personnes devant moi, je ne me fais pas rattraper. Quand Guillaume et Simon (mes collègues de la Haute Route) se mettent à mon niveau en voiture avec Eye of the tiger à FOND, en m’hurlant dessus : « Aller, Aller!  T’es pas v’nu là pour souffrir putain, qu’est ce que t’es beau sur ton vélo, Yuzo il est loiiin, il est loiin derrière, tu vas le défoncer, aller, aller, aller mon Juju! » tout ces encouragements sur un fond de craquements de pédalier.

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J’arrive au niveau du chalet Reynard, toujours pas de Yuzo. Je garde ma cadence, je me retourne, je ne le vois pas. Je passe le ravito, et je continue sur ces 21 kilomètres. C’est écrit comme depuis quelques années ATTAQUER au sol, je continue mes efforts en souriant. Arrivé au col des tempêtes on fait littéralement du surplace, des participants continuent à pied. Je suis rattrapé par Paul, il me signale que c’est plié et que j’ai gagné cette bataille. Il me dépose au dernier virage, impossible de le rattraper sur les derniers mètres à plus de 12%. Je franchis la ligne et c’est fini. Je mets 6 minutes 27 secondes de plus que l’an dernier sur le même segment. Mais la victoire de la journée c’est ces 45 secondes de moins que mon adversaire du week-end. « Bel Effort » comme on dit, merci Yuzo.

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de gauche à droite : Mathis, Yuzo, Mathieu, Simon, Coco, Paul, Moi et Guillaume

Récap de la dernière ascensionCapture d’écran 2020-01-02 à 12.35.40

Merci à Mathilde L’Azou qui me permet d’illustrer cet article avec ses photos, merci à Paul pour avoir sacrément bien rigolé pendant 4 jours, à Yuzo pour cette joute amicale, aux collègues, et surtout un grand Bravo à Coco, Guillaume, Mathis, et Matthieu pour sa première ascension du Ventoux qui restera mémorable, et à tous mes collègues une fois de plus sans qui ce ne serait pas pareil.

1 réflexion sur « Haute Route Ventoux 2019 »

  1. Was a Great ‘Race’ 🙂

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